Historique

La géographie

 

Le paysage de Notre-Dame-du-Laus s'est forgé il y a 10 000 ans.  La fonte de l'immense nappe de glace recouvrant alors le socle de granite des Laurentides fait apparaître les montagnes arrondies, la belle rivière du Grand-Lièvre et les nombreux lacs.

 

Les premiers occupants

 

Le glacier fondu, la vie végétale et la vie animale s'intensifient.  Des bandes Algonquines-Anishinabeg parcourent alors le bassin hydrographique de la rivière.  Ces nomades y trouvent viandes pour leur alimentation, cuirs pour leurs vêtements et plantes pour leurs médecines.  Ils y piègent aussi le castor dont la fourrure est si recherchée par les Européens.

 

L'importance de Notre-Dame-du-Laus dans ce commerce des fourrures se confirme avec l'ouverture d'un poste de traite de la compagnie de la Baie d'Hudson à l'embouchure du lac des Sables sur la Lièvre en 1826.  Pendant plus d'un quart de siècle, ce poste contrôle tous les convois de fourrures arrivant des hauts de la Lièvre et de la Gatineau.

 

Les forestiers

 

Notre-Dame-du-Laus connaît sa seconde vocation économique à compter de 1824.  Ses gigantesques pins blancs attirent alors de nombreux forestiers à l'emploi d'entrepreneurs de Buckingham.  Équarris en forêt et dravés par le chemin des aux, ces arbres sont d'abord expédiés en Grande-Bretagne pour la construction navale.  Plus tard, ils deviennent matériaux de construction acheminés à Montréal, Boston et New York.  À compter du XXe siècle, ils entrent dans la fabrication du papier.

 

La montée hivernale de cette armée de bûcherons pendant plusieurs décennies, amène l'ouverture de la ferme des Pins en aval immédiat de Notre-Dame-du-Laus.  Relais en pleine forêt sur la rive de la Lièvre, cette grande ferme compte plusieurs bâtiments pour entreposer la nourriture des hommes et des chevaux qui oeuvrent dans les chantiers forestiers avoisinants.  Les premières familles de colons défricheurs, peuvent aussi s'y approvisionner.

 

Les premiers colons agriculteurs et le curé Trinquier

 

Attirées par la qualité du sol, les premières familles de colons entreprennent de défricher les lots avoisinants le poste de traite du Lac-des-Sables et la ferme des Pins, au milieu du XIXe siècle.

 

Un quart de siècle plus tard, en 1873, la trentaine de familles établies accueille son premier curé catholique résidant, le jeune Eugène Trinquier, originaire de France, âgé de 26 ans.  Il devient rapidement l'âme de la paroisse; il appuie le curé Labelle, l'apôtre de la colonisation des Laurentides, qui met en place une ligne de bateau à vapeur pour faciliter la montée des colons sur la Lièvre; il voit à la construction de l'église, du presbytère, du cimetière, des premières écoles de rang et du pont couvert sur la rivière; il suscite la construction des premiers moulins à scie; il voit à la mise en œuvre de la coopérative agricole et suggère l'érection de la Corporation municipale et de la Commission scolaire.  Pendant 56 ans, son destin est intimement lié à celui de sa région d'adoption.  Son travail de missionnaire catholique marquera aussi toute la vallée de la Lièvre au nord; depuis Notre-Dame-du-Laus, il dessert Val-des-Bois, Notre-Dame-de-Pontmain, Lac-des-Îles, Kiamika, Mont-Laurier et Ferme-Neuve.

 

Luc Coursol, historien

Le 22 novembre 2007