Bandes riveraines

La bande riveraine naturelle, une nécessité pour la santé de nos lacs.

 

La bande riveraine est constituée d’une bande de végétation naturelle de 10 ou 15 mètres selon la pente, enbordure des plans d’eau. Elle joue plusieurs rôles, notamment en créant de l’ombrage, ce qui réduit le réchauffement excessif de l’eau. Une rive possédant des arbres, des arbustes ainsi que des herbacées, contribueà réduire l’érosion en protégeant les rives par leur système racinaire, contrairement à une rive gazonnée, bétonnée ou pourvue d’un muret. Elle filtre également les nutriments (azote et phosphore) provenant du bassinversant pour limiter l’eutrophisation et augmente la diversité des habitats fauniques.

Les activités humaines, comme le déboisementdes bandes riveraines et l’épandage d’engrais et de pesticides, peuvent entraîner des conséquences sur la santé des lacs. Un apport excessif en nutriments accélère l’eutrophisation des lacs, engendrant des effets indésirables tels qu’une dégradation de la qualité de l’eau, une plus grande abondance de plantes aquatiques et d’algues et un changement de la biodiversité.

Afin d'être conformes au règlement municipal, les trois premiers mètres de la bande riveraine doivent rester naturels. Une bande riveraine estconsidérée naturelle lorsque les espèces végétales sont indigènes et qu’aucune perturbation humaine n’est présente. D’ailleurs, il est encouragé de conserver l’état naturel ou de revégétaliserau-delà des trois premiers mètres afin de maximiser les bienfaits sur le plan d’eau. Finalement, seule une ouverture de 5 mètres sur le plan d’eau est permise et une autorisation est obligatoire pour tous travaux dansles 10 ou 15 mètres à partir de la ligne des hautes eaux, selon la pente.

Bande riveraine, ce qui est interdit et ce qui est permis !

De façon générale, les constructions, les ouvrages ou les travaux sur les rives et le littoral des lacs et des cours d’eau sont interdits.

Il est interdit, entre autres, de :

• construire ou d’effectuer des travaux qui sont susceptibles de détruire ou de modifier la couverture végétale des rives; de porter le sol à nu ou d’en affecter la stabilité; d’empiéter sur le littoral;
• remblayer, creuser ou prélever du gravier dans le littoral et la rive d’un lac, d’un cours d’eau ou du fleuve, ainsi qu’en plaine inondable;
• couper des arbres et des arbustes existants, notamment afin d’installer du gazon;
• d’utiliser des pesticides dans les 3 premiers mètres de rive à partir de la ligne des hautes eaux;
• de canaliser ou de modifier le tracé d’un cours d’eau;
• de construire des barrages ou des digues à des fins privées ou agricoles;
• d’aménager une rampe de mise à l’eau ou de recouvrir l’accès aux lacs ou cours d’eau avec des matériaux imperméabilisants tels le béton, l’asphalte, etc.;
• d’aménager une plage ou d’ajouter du sable sur une plage existante.

Cependant, certaines interventions peuvent faire l’objet d’une autorisation, par la Municipalité.

Il peut être permis (une ou des autorisations peuvent être requises) : 

• d’aménager une ouverture d’une largeur maximale de 5 mètres donnant accès au plan d’eau, lorsque la rive présente une pente faible;
• d’élaguer ou émonder les branches nécessaires à l’aménagement d’une fenêtre de 5 mètres de largeur dans l’écran de végétation, lorsque la rive présente une pente forte;
• d’aménager un escalier donnant accès au pland’eau construit de biais par rapport à la ligne derivage, lorsque la rive présente une pente forte;
• de maintenir l’état naturel de la rive ou du littoralet de laisser la nature suivre son cours (le gazonest à proscrire dans la rive);  de restaurer les rives dégradées par la plantationou l’ensemencement de végétaux indigènesadaptés aux rives (arbustes, arbres etherbacées); 
• de construire un quai, un abri ou un débarcadèreflottant, sur pieux ou sur pilotis; de récolter de la végétation herbacée lorsque lapente de la rive est inférieure à 30 % etuniquement sur le haut du talus lorsque la penteest supérieure à 30 %; 
• de réaliser des ouvrages et des travaux dephytotechnologies (fagot, fascine, etc.) ou destabilisation combinée (perrés, gabions, etc.), enaccordant la priorité à la technique la plus susceptible de faciliter l’implantation éventuellede végétation naturelle, lorsque la pente, lanature du sol ou les conditions de terrain nepermettent pas de rétablir la couverture végétaleet le caractère naturel de la rive; 
• de laisser en place, dans la mesure où ils ne sontpas porteurs de maladies ou dangereux pour lesutilisateurs du terrain ou la stabilité de la banderiveraine, quelques arbres morts qui offrent à lafaune abri et nourriture.

 

Exemple d’une bande riveraine conforme


Crédit photo : Richard Carignan

Exemple d’une bande riveraine non-conforme


Crédit photo : Richard Carignan

Exemple de rampe de mise à l’eau non-conforme

 

Pour de la documentation concernant la revégétalisassions d’une bande riveraine: http://banderiveraine.org/

Références

COBALI (2022). Le bord de l’eau ! https://www.cobali.org/outils-sensibilisation/ consultée en juin 2022

CRÉ Laurentides (2009). L’eutrophisation http://crelaurentides.org/wp-content/uploads/2021/10/fiche_eutrophisatio... consultée en juin 2022

Document produit par : Noémie Pouliot, agente de liaison, Programme de Soutien technique des lacs Conseil régional de l’environnement des Laurentides (CRE Laurentides)